Indicateur 24 Qualiopi : Comment prouver le suivi des métiers et des compétences ?

Si l’indicateur 23 (veille réglementaire) semble plutôt clair dans l’esprit des organismes de formation, l’indicateur 24 provoque souvent de grands moments de solitude lors de la préparation de l’audit Qualiopi.

Le Référentiel National Qualité (RNQ) stipule que le prestataire doit réaliser une veille sur “l’évolution des métiers, des compétences et des emplois dans ses secteurs d’intervention”.

Mais concrètement, qu’attend l’auditeur derrière ces mots ? Quelles sources devez-vous surveiller et comment apporter la preuve indiscutable de ce suivi ? Décryptage.

Ce que l’auditeur veut réellement voir

Le jour de l’audit, la pire des stratégies est de montrer une liste de fiches métiers d’un site internet et de dire : “Voilà, mes formations s’alignent là-dessus”.

L’auditeur cherche à valider un processus. Il veut s’assurer que vous êtes capable d’anticiper les mutations du marché du travail pour éviter que vos formations ne deviennent obsolètes.

Il va vérifier trois choses :

  1. Votre réactivité : Êtes-vous au courant des nouvelles compétences émergentes dans votre secteur (par exemple, l’impact de l’IA, de la transition écologique ou de nouvelles normes techniques) ?
  2. Vos sources : Vos canaux d’information sont-ils sérieux et légitimes ?
  3. L’impact : Comment cette veille a-t-Ui fait évoluer vos programmes, vos supports de cours ou vos modalités d’évaluation ?

Où trouver l’information pour l’indicateur 24 ?

Pour nourrir efficacement votre veille “métiers et compétences”, vous devez diversifier vos sources d’information. Ne vous éparpillez pas, ciblez en priorité :

  • Les Observatoires des Métiers (OPM) : Presque toutes les branches professionnelles possèdent un observatoire qui publie des études prospectives sur l’évolution des compétences. C’est la mine d’or absolue pour Qualiopi.
  • France Compétences : L’institution publie régulièrement des notes et des listes de “métiers en particulière évolution” ou émergents.
  • Les rapports sectoriels : Les études de cabinets de conseil reconnus, de syndicats professionnels ou d’acteurs majeurs du recrutement (Apec, France Travail).

Comment formaliser vos preuves ?

C’est là que le bât blesse pour beaucoup de structures. Recueillir une note d’un observatoire est inutile si vous ne pouvez pas prouver sa prise en compte.

L’auditeur attend des preuves d’analyse. Découvrez notre méthode complète pour valider votre veille Qualiopi sur l’évolution des compétences de votre secteur.

Pour chaque étude ou article important que vous intégrez à votre veille, vous devez être capable de consigner dans votre registre :

  • La date et la source du document.
  • Un résumé rapide des grandes tendances (ex: “Le métier de comptable intègre désormais une forte brique de data-analyse”).
  • L’impact concret sur votre organisme (ex: “Mise à jour du module 3 de notre formation en comptabilité pour inclure l’initiation aux outils de business intelligence en mars 2026”).

Si l’étude montre que rien ne change pour vous, écrivez-le ! Dire “J’ai lu cette étude, elle confirme que notre programme actuel est à 100 % en phase avec le marché” est une preuve d’exploitation majeure qui ravira votre auditeur.

Sébastien Julian
Sébastien Julian
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